Sombre Dialogue.

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Sombre Dialogue.

Message  Yoendel le 07.01.14 16:46


Sombre dialogue




Un peu fébrile, j'entre dans la salle.
Le rendez-vous est lancé ;
Il viendra.
Ou Elle. Qui sait.

J'installe les deux chaises, bien en face l'une de l'autre. Il faut que l'on parle franchement. Il est plus que temps.
Est-ce qu'il ou elle m'en voudra de ne pas avoir parlé, de ne jamais avoir voulu discuter ?
Je ne sais pas. J'avoue que j'appréhende un peu.
J'ai évité bien des discussions, ai fui bien des conversations, ou tout simplement ai été incapable d'aborder bien des sujets, mais là, il fallait que je sache.

Je me retourne. Il/elle n'est pas encore là. Évidemment.
C'est dur, car c'est à moi de le/la faire venir.
Je dois le faire.
Elle ne se montrera pas toute seule.

J'approche de la seule potentielle source de lumière de la pièce, encore éteinte, et l'oriente comme pour faire un interrogatoire.
Voilà. Elle peut venir.

Inspirant un grand coup, j'appuie sur l'interrupteur et me retourne.


La voilà.

Tandis que je retourne m'assoir, elle fait de même. Lorsque je me retrouve sur le siège en face d'elle, lui occultant la lumière de la lampe, elle s'assoit sur le sien.
Poliment.

Lorsque je lui fais un signe de tête poli, elle fait de même.

Cependant cela ne me suffit pas.
Je prends encore une autre inspiration, plus grande cette fois.
Mon pouls s'accélère un peu.

" Il faut qu'on parle. Réellement. Je ne me contenterai pas d'un fac-similé projeté sur une chaise. Je t'en prie, viens."

L'Ombre frémit à cet appel. Parce que j'ai frémi en le disant.
Pendant un instant, il ne se passe rien.

Puis, quittant sa rassurante maison le long des murs, de la chaise et du sol, mon Ombre se lève. Elle est dans la pièce, devant moi. Dessoudée de moi, hormis en deux petits points qui replongent dans le sol pour venir s'attacher à mes pieds, montrant clairement que ni moi ni elle ne pouvions nous désolidariser complètement.

- Il était temps.

C'est sa seule remarque.

Une fois devant moi, je me rends compte de sa stature. Elle est gigantesque. Et de sa noirceur. Sans fond.
Je me demande même si la chaise que je lui avais préparée ne sera pas... ridiculement petite.
Pourtant, elle ne semble pas s'en offusquer.

- tu permets ? Je m'assoies.

Sa remarque est pure forme. Elle n'attend pas mon aval et prend la liberté de bouger la chaise, de la retourner dossier vers moi, d'écarter les jambes et de s'installer tournée vers moi, les coudes sur le dossier, me dévisageant patiemment.

- Je n'ignore pas une seconde pourquoi tu m'as fait venir. Je dirai juste qu'il était temps. Tu as même du retard, dirons-nous.

Mon Ombre m'effraie un peu.
J'encaisse sa remarque comme je le peux.
Oui, j'ai du retard.
Et si elle sait pourquoi je souhaite lui parler, comment va tourner la conversation ?
Je ne sais pas.

Et elle, en face de moi, se tait.

"Je... Par où commencer ... ?"

Sa réponse ne se fait pas attendre.

- Par le Commencement. Pose moi les questions.

Je suis un peu désarçonné. Elle semble n'attendre que ça, me facilitant la tâche... pour autant, cela me semble trop facile.

" Je... tu penses que je te projette ? Tu sembles trop..."

Je perds mes mots. Mais en face, elle sourit. Drôle de sourire d'ailleurs. à la fois féroce, amical, dédaigneux, ironique et sincère.

- Trop facile, trop docile, trop aimable ? On verra cela. Pose les questions.

Le ton est devenu impérieux. Mon Ombre est impérieuse ? Faut dire, si je discute jamais...
Je laisse échapper un soupir.

"D'accord. Première question : Qui es-tu ?"

Elle se contente de me regarder droit dans les yeux et de me répondre :

- Je suis ton Ombre.

Direct.

"Et si tu es mon Ombre, dois-je comprendre que tu es mon opposée ?"

- Non. Je suis celui/celle que tu enfouis en toi. Je suis cette part de toi que tu ne laisses pas parler. Cette part que tu enfermes et qui te ronge. Cette part dont tu nies l'existence et que tu dois reconnaitre.

Elle a compris. Elle sait exactement ce que je m'apprête à lui demander.

"Pourquoi ne te laissai-je jamais la parole ?"

- Car tu tiens à ne pas gêner, ne pas blesser, te conformer à l'image que l'on attends de toi...

Pour la première fois, l'Ombre marque un instant d'hésitation. Vite repris.

-...que TU attends de toi. Et aussi parce que je te fais peur.

Ah. Elle touche là où ça fait mal.
Pourtant, c'est précisément là que l'on doit aller. Je ne peux pas le lui refuser, puisque c'est pour cela que je suis là.

" Et quelle est cette image ?"

- Je ne peux répondre à cette question par une affirmation.

L'ombre me jette un regard perçant. Je crois que je sens où elle veut en venir. C'est un dialogue, pas un interrogatoire. Et elle s'empresse de prendre les libertés que le dialogue propose sans attendre que je les lui donne.

- Qu'attends-tu de toi ?

Je réfléchis à la question. Non, il ne s'agit pas de savoir ce qu'elle pense que j'attends de moi, mais réellement ce que j'attends de moi. Car elle compose tout ce que je n'attends pas de moi, et tout ce que j'aurais pu attendre si les évènements me l'avaient permis.

"Je crois que... j'attends de moi de m'approcher d'un idéal. Un idéal du moi. être moi-même, mais aussi être généreux, être le plus attentif des amoureux, être un frère exemplaire pour ma sœur... pour mes sœurs. Un fils qui pourra faire le bonheur de ses parents, le réceptacle vivant de son Dieu, l'exemple en passion intellectuelle et en culture à la fois scientifique, spirituelle et créative. J'attends de moi de lutter pour être un idéal de paix, et de douceur. J'attends de moi de savoir être colérique et acharné lorsqu'il le faut, mais seulement lorsqu'il le faut. J'attends de moi d'être ... une source d'illumination qui apporte aux autres le désir de s'élever tous ensembles."

L'ombre me jette un regard qui mêle à la fois amusement et compréhension presque mélancolique.

-Tu n'as pas terminé, mais partons déjà de cela.

Elle s'appuie un peu plus sur ses coudes. Je sens son air grave.

- Tu veux suivre un idéal qu'il est impossible d'atteindre. Et tu le sais. Tu cherches à t'en approcher. Mais il est impossible à approcher d'aussi près que l'on veut.

Elle se fait un peu plus grande, un peu plus imposante. Comme si son commentaire allait m'écraser. Par réflexe, je me tasse un peu sur ma chaise.



- Tu souhaites t'approcher d'un idéal ?? Eh bien moi, je ne souhaite m'approcher d'aucun idéal. Je les trouve... trop fixes, trop réducteurs, trop ... morts. Être toi-même ?? Tout le reste te contredis sur ce point. Je suis plus toi même que tu n'essaies de l'être.
Être généreux ? Pouah ! Tu veux savoir ce que je suis, moi ?
Je vais te le dire. Que tu le veuilles ou non, tu es venu l'entendre, et tu l'entendras.
Je suis égoïste. Je souhaiterait abandonner chacun à son triste sort, aussi surement que tu ne cherches à aider chaque personne qui réclame ton aide, au point que tu ne puisses plus aider personne. Il y a une sélection naturelle. Et tu refuses de la voir, dans ton espoir vain de sauver tout le monde.
Je suis jalouse. Oui. Moi, jalouse. Ou Jaloux, comme tu veux. Votre vocabulaire est un peu restreint quand à l'usage du féminin et du masculin. Bref, jaloux. Et impulsive avec ça. Tout ce que tu ne veux pas être. Sauf que cette jalousie t'es bénéfique. Oui, tu le sens lorsque je m’immisce en toi. Tu sais au fond de toi que cette jalousie t'est nécessaire. Tu souhaiterais être admiré. Tu souhaiterais que l'on ne te dénigres pas. Tu souhaiterais que l'on te remarque et que l'on te mette sur un piédestal. Tu souhaiterais avoir la classe que l'on te colle mais qui ne colle pas avec celle que tu souhaiterais avoir. Tu souhaiterais avoir la fierté de ces rois qui font l'admiration de tous. Et tu sais parfaitement que ces aspects de toi, tu les refuses. En conséquence, c'est moi qui me les coltine. Je suis jaloux, et impulsif. Je souhaite que l'on me reconnaisse et que l'on m'admire. Je serais si possessif si l'on m'en donnait l'occasion, que je me ferais violence. J'accaparerais tant le corps que l'esprit de ce que tu souhaites posséder.
Je le focaliserais sur moi aussi certainement qu'un moustique attiré par une lumière.
Je suis ton Ombre.
Je suis Toi.
Mais tu refuses de me voir.




Elle prend une pose, me laissant à la fois écrasé sur mon siège et digérer ses propos.
Jaloux, moi ? Oui, je le savais. Parce que ces pics de jalousies m'avaient déjà pris. Mais possessif ? à ce point ??

Elle ne me laisse pas continuer. Le fer est encore chaud, et elle compte bien en profiter.


- Tu as rejeté tellement de choses en toi qu'il ne m'est que plus facile de cerner le peu qu'il te reste, puisque je suis tout le reste. Tu es jaloux. Impulsif. Manipulateur. Oui, je ne mâche pas mes mots, mais tu le sais. Tu sais que je ne mens pas. Je suis ton ombre. Tu es possessif. Mais en plus, toi qui te garde consciemment bien de tout jugement hâtif, tu m'offres inconsciemment cette tâche ingrate. Je suis prompte à juger et à méjuger. Je suis émotive. Pour autant, tu ignores tout ce que je peux t'apporter de bon. Enfin passons. Je suis, comme tu l'auras remarquée, assez franc-parler. Et directe avec ça. Incisive, pour être exacte. Je contiens le sadisme de ton chat, la froideur et la colère de celui que tu te plais à nommer l'être des glaces, le désir à la fois charnel et affectif voire sexuel de tes enfants intérieurs, et la fougue mêlée au dévergondage et à la bassesse de ton Paternel. Je suis le Seme qui se cache en Solveykiel, l'Uke qui se cache en Anoki, le sadisme tant intellectuel que physique qui se cache en Chester. Je suis ton Ombre. Intangible et mouvante.


Elle prend encore une pause, laissant s'insinuer en moi la véracité lancinante de ses propos. Chester aime jouer et manipuler. Mais une partie de la violence intellectuelle, il la laisse au placard. Quant à la violence physique, les coups plus durs que les griffures ne sont pas son jeu. Ou un jeu auquel il ne s'adonne ni pleinement ni sans hésitations. Le Paternel est fier et droit, intègre. Mais il ignore ce que la dépravation pourrait lui faire. Il ne veut pas la connaitre. Il la laisse à Chester, et encore. Tous ces aspects de moi luttent. Mais Solveykiel, Seme refoulé ? Anoki, Uke inavoué ? Je...


- Venons-en au fait qui te ronge encore plus. Tes frustrations. Oui, je suis amenée à les gérer, puisque tu n'y arrives que très mal voire pas du tout toi-même. Ton désir de possession ? Je te conseillerais presque de le montrer. Franchement. Par ci, ce pourrait-être un appui sur le bouton power. Par là, un déni de ce qui t'empêche d'être possessif. ça fait du bien. Ton désir d'admiration ?? Cesse de te le cacher à toi-même !! Tu sais comme moi que ça revient te hanter. Et si on t'ignorait ? et si on te détestait ? Et si on te reprochait quoi que ce soit ? Mais soit INTEGRE, BORDEL !!
Oh, et puisque j'en parle. Tu laisses tes impulsions au placard... mais tu laisses aussi ta grossièreté. Foutreciel, évacue, un peu !!!
Merder, pester, envoyer chier, ça fait du bien parfois !!
Dire à quel point tu en a raz le bol de toutes les considérations égoïstes qui heurtent ton propre orgueil et fournissent de l'énergie à ton propre chaos !


Je suis de plus en plus écrasé sur mon siège. ça fait pas du bien, je crois. Pourtant, je me rends compte d'une chose... le dialogue n'est pas forcément qu'une confrontation...
Je me relève un peu, plus assuré.

"D'accord. Je tiendrai compte des envies que je te refourgue. Autre chose ?"

Elle me dévisage, à la fois un peu étonnée et amusée.

- Je continue, oui. je reviens sur ton idéal impossible. Non mais franchement : être un idéal pour tes parents, tes frères, et, ce que tu n'as pas dit, tes amis. Tu crois vraiment que c'est possible ?? Tu sais ce que moi je veux faire ?? c'est très simple : J'ai envie de bien gueuler sur tes parents, leur dire que ta sœur sait plutôt bien gérer et qu'ils devraient lui faire un peu confiance. Que ta relation amoureuse te regarde, et la survie de ton âme ne leur appartient pas, merde ! J'ai envie d'écraser tes frère jusqu'à ce que leur orgueil soit réduit à néant, de même que tes sœur !
Et j'ai envie de foutre une baffe à pas mal de tes amis et de leur dire de s'assumer un peu !!


Elle s'est levée, montrant bien son impétuosité en agitant les bras avec véhémence. Elle s'approche de moi et colle son visage au mien.

- Et tu sais ce que j'ai envie de te faire ?? J'ai envie de t'en coller une et de te sermonner pour ne pas avoir collé une baffe à chacun de tes proches.
Va dire à Lucille que si elle a besoin de discuter avec son chéri, qu'elle se fasse un peu violence !! Va dire à Aurélien que le principal souci n'est pas la relation gendre-parent mais le bien être de celle qu'il prétend vouloir aider et aimer, et que ce bien-être n'est peut-être pas aussi réduit qu'il le pense. Que c'est une femme, bordel ! Une femme qui a besoin d'attention et surtout de tact, merde ! Va foutre une bonne baffe à Mélanie et à ton propre chéri pour leur façon de s'enfermer et de tout envoyer CHIER tout en se repliant sur soi d'une manière qui n'ira JAMAIS en s'améliorant, mais qui est condamnée à se répéter encore et encore, non pas parce que le monde contient un problème récurrent mais bien parce que le problème, ils le trimballent avec eux ! Leur enfermement est leur ombre à eux, Sacrebleu ! S'ils ne veulent pas affronter la réalité, et ne pas dire clairement le fond de leur pensée, qui avant d'être "merde" et "vous me faites chier" est "je me sens blessé", bref, s'ils se font violence avant même d'avouer clairement qu'ils se sentent violentés, bah c'est leur problème !!
Va bousculer ton frère pour lui dire qu'un handicap ne justifie pas la violence qu'il inflige à son entourage, et que s'il souhaite tout détruire entre sa soeur et lui, ou entre vous, eh bien qu'il le fasse clairement savoir !!
ça te ferait du bien !!
Alors Secoue-toi, Bordel !!



Cette fois, j'ai beau m'attendre à ce genre de remarques, je blêmis un peu. Dis comme ça... c'est terrible. Mais ça semble faire du bien à mon ombre.

"Je ... tu penses que c'est une forme d'hypocrisie ?"

Elle éloigne son visage et repart se rassoir, comme au début.

- J'ai failli te conseiller de répondre. Mais en fait, si j'ai failli te conseiller de répondre, c'est parce qu'en temps que ton ombre, je souhaite que tu ne répondes pas. Oeil pour oeil, dent pour dent, tu te souviens ?? Ne pas répondre permet de flatter ton égo, et en plus d'augmenter le mal-être de ton entourage. ça me sert. Si tu réponds, alors en effet, soit tu choqueras, soit tu seras hypocrite. Mais moi, ton ombre, je souhaite que tu ne répondes pas. Parce que tu mettras un doute dans l'esprit des gens. Tu m'as compris ? Je suis franc parler, pas hypocrite. Ce qui veut dire, fondamentalement, que ton toi exhibé et social est si désireux du bien être d'autrui et de ne brusquer personne que oui, tu es hypocrite.


Je me sens mal à ses propos. Elle comme moi savons de quoi elle parle. Mettre le malaise dans l'esprit des gens. Oeil pour Oeil... rendre la monnaie de la pièce. La vérité fait mal à entendre. Je. Suis. Hypocrite.

"Mais...mais... je... "

Ma phrase se termine dans les limbes. Je ne sais pas vraiment quoi dire.
Elle reprend.

- Tu sais, ton désir de vouloir illuminer tout le monde se couple assez bien avec mon désir de bruler le regard de tout le monde. Être un Lucifer, porteur de la lumière. Pour autant, ton envie d'élévation se couple avec une envie à moi ... de rabaisser. Et je tiens encore à te dire ce que tu caches. Lorsque tu t'irrites de voir de la compétition, tu enfouis en toi le fait que tu aimes ça. Lorsque tu refuses de comparer, tu caches le fait que tu adores te comparer à autrui. Que les joutes et les jeux tant de vitesse que de compréhension te font jouir. Qu'écrire ne te fait du bien que parce que tu peux virtuellement te venger. Pas en infligeant des maux physiques à tes personnages, non non. Mais en les modifiant. En les rendant pernicieux. En menant Chester, dans sa détresse émotionnelle, à briser tant Xénodarkus que le Carnassier Klevien. à s'en détourner au dernier moment pour faire germer la douleur en eux qu'ils font germer en toi.
En mettant Solveykiel sous le contrôle de ton propre monstre chaotique. Pour montrer que ton monde est noir, sous ses apparences bucoliques, et que la violence qui se cache en toi est plus destructrice que tous les Neirvuus du monde.
Que la folie que tu vois dans les conceptions que tu juges étriquées chez les autres... ce sont les conceptions de ton moi profond et ta propre folie.
Que l'amitié et le sexe soient conçues d'intersection vide dans ta conscience s'opposent à celle des autres conscience, mais cela te cache que moi, ton ombre, ne m'opposerais pas à une telle conception. Pour autant, (Elle sourit d'un air féroce en disant cela) quiconque tendra à me réveiller se rendra compte que je mords. Aussi surement que ton personnage chat préféré aurait réduit en charpie les participants au Neirvuus, je mordrai quiconque jouera avec cette conception enfouie dans ton moi refoulé, c'est à dire moi, parce que ces personnes auraient à se heurter à des réalités qui leur font peur. La mort et une violence que leur curiosité pourrait leur faire regretter. Car je suis violence, et je suis mort.
Je suis ton ombre, et je suis ta flamme.

Tu sais que je suis libertine, tu sais que l'amour ne m'importe guère. Tu sais que je suis égoïste, et tu sais que je suis prompt à détester. Et à faire regretter amèrement.
Tu sais que je suis violence, et tu sais que je suis destruction.




Elle se fait alors gigantesque. Et moi minuscule.

- Je suis ton Ombre, je suis ta Flamme. Je suis le Toi ignoré de tous, mais garde à tous et surtout à Toi tant de m'ignorer que de me méjuger.



Puis plus rien.


L'ombre est redevenue ombre, froide et terne sur le sol.
Inerte.

Et pourtant, la menace bourdonne encore à mes oreilles.



Je souhaitais l'apprivoiser.



Il va me falloir du temps, je le crains.

_____________________
"On ne voit bien qu'avec le cœur: l'essentiel est invisible pour les yeux." le renard, A de St Exupéry.
"Qu'est-ce que signifie «apprivoiser»? dit le Petit prince.
-C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ca signifie «créer des liens...»"
http://www3.sympatico.ca/gaston.ringuelet/lepetitprince/chapitre21.html
"eux veulent me forcer à parler pour ne rien dire, alors je ne dis rien pour parler."
"Il ne faut pas mettre les gens dans des petites cases ; c'est un signe de confusion mentale, mon chou !" les Chants de la Mallorée
"Point de monde sans hasard... point de hasard sans monde... la boucle est bouclée" Alexandra.
"et si notre monde avait 3 coordonnées temporelles pour une spatiale ?"
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Re: Sombre Dialogue.

Message  Klev le 07.01.14 17:39

Corrections :
de la retourner dossier vers moi, d'écarter les jambes et de s'installer tournée vers moi
Répétition… Ça m'a un peu choqué. Je continue.

Que l'amitié et le sexe soient conçues d'intersection vide
Problèmes d'accords.



tes frère jusqu'à ce que leur orgueil soit réduit à néant, de même que tes sœur !
Labsus ? En tout cas fautes d'accords.
Quels frères ?

Que c'est une femme, bordel !
Un être sensible n'est pas nécessairement une femme ^^

S'ils ne veulent pas affronter la réalité, et ne pas dire clairement le fond de leur pensée, qui avant d'être "merde" et "vous me faites chier" est "je me sens blessé", bref, s'ils se font violence avant même d'avouer clairement qu'ils se sentent violentés, bah c'est leur problème !!
Effectivement. Cela dit quand je suis dans cet état je ne me rends pas vraiment compte que je suis blessé,… c'est comme si c'était mis à l’écart. C'est un peu plus complexe que ce qui est dit, donc…


En les rendant pernicieux. En menant Chester, dans sa détresse émotionnelle, à briser tant Xénodarkus que le Carnassier Klevien. à s'en détourner au dernier moment pour faire germer la douleur en eux qu'ils font germer en toi.
Eh bien, que de travail. Et dire que ces pensées là, me concernant, n'étaient que des petits bulbes… tu mets des mots sur une chose qui m'arrive aussi un peu.

Que la folie que tu vois dans les conceptions que tu juges étriquées chez les autres... ce sont les conceptions de ton moi profond et ta propre folie.
Pas compris.

Que l'amitié et le sexe soient conçues d'intersection vide dans ta conscience s'opposent à celle des autres conscience, mais cela te cache que moi, ton ombre, ne m'opposerais pas à une telle conception
Pas compris, éventuellement à causes de fautes d'accords ?…

La mort et une violence que leur curiosité pourrait leur faire regretter. Car je suis violence, et je suis mort.
… Eh bien. Serait-il possible de développer ?

Et pourtant, la menace bourdonne encore à mes oreilles.
Quelle menace exactement ?



Je souhaitais l'apprivoiser.

Il va me falloir du temps, je le crains.
Commencer par ne pas la dissocier dans une autre entité serait quelque chose de bien, non ? *sourire*

Vois-là comme toi et pas comme un opposé ? Essaye, du moins, de temps en temps, quand tu la sens… peut être.
Perçois ce qui est soufflé par elle comme une indication pertinente sur comment tu devrais réagir et pas comme un opposé ?

Bien sûr qu'une fusion est envisageable plus tard, mais … pas comme ça, pas qu'avec des textes. Il est tard, mais jamais trop. *sourire*

En revanche dire avec des textes ce que tu ressens, ce que tu es, devrait permettre aux autres de pouvoir t'aider à être toi même, non ?

En tout cas, comme tu t'en doutes, ça à tout mon intérêt à plusieurs niveaux. *sourire*


Si ça peut te rassurer, on l'est tous, hypocrites. Moi même aussi… Bien sûr.

Certains plus que d'autres. Et courage, je pense pas que ce que tu cherches à faire soit de l'ordre de l'impossible et de l'injouable.

*sourire*

En espérant ne pas avoir été trop confus.

_____________________
Dans la Nébuleuse, tout devient possible. Les rires se joignent aux larmes, l'émotion à l'instant, le temps à l'espace ; tous les fils noués en une toile de maître, surface interactive, simple résultante de l'activité des individus…

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Re: Sombre Dialogue.

Message  Yoendel le 07.01.14 18:09

Toute la question étant... qu'est-ce que je cherche à faire exactement ?

Quant aux fautes d'accord et de compréhension... elles sont logiques. Mon orgueil, par le fait même que c'est mon Ombre que j'ai laissée s'exprimer, ne les retouchera pas.
Parce que j'ai choisi de poster ce dialogue, mais que ce dialogue concerne avant tout mon moi conscient et son Ombre.
N'a aucunement pour but d'être fait pour être adapté à un public.
Ce dialogue vous est proposé ouvertement. Pour autant, j'ai hésité à le poster.
Il n'est pas fait pour vous être "adapté".
Expliqué, peut-être...


La dissociation n'est pas mauvaise, au contraire. Elle est juste là pour me permettre de VOIR ce que je me refuse de voir. Ensuite, une fois ma face sombre vue et reconnue, je peux la réintégrer en moi. Parce qu'elle est moi.
Tout ceci n'est qu'un processus mental pour apprivoiser cette part de moi que j'ai toujours cachée.
Pas un jeu de création d'une nouvelle entité.

Je pars explorer un moi intérieur jamais visité, même par moi.
Le Vrai Monde des Résidus, je dirais.

Mon Ombre n'est pas mon opposée.
Bien au contraire.
Pour autant, là où elle s'oppose à moi de façon trop marquée... c'est exactement là où je dois travailler.

_____________________
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Re: Sombre Dialogue.

Message  Klev le 07.01.14 18:12

*sourire*

Pourrais-tu donc tout de même expliquer les points qui m'ont paru flous si tu le peux et le veux ?

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Re: Sombre Dialogue.

Message  Yoendel le 07.01.14 18:40

*soupire* ok.



Que c'est une femme, bordel !

Un être sensible n'est pas nécessairement une femme ^^

certes non. Mais une femme reste une femme. C'est à dire un être qui déjà par nature est différent.
Et tout être différent, ma précaution naturelle est de ... discuter avec tact.
Ce moyen de s'exprimer était moins du sexisme qu'une volonté de dire "youhou, tout le monde prendra pas les choses de la même façon !".
Si c'avait été un homme, Mon ombre aurait insisté sur le premier aspect marquant la différence.
Mais bref, je m'en fous.
Disons juste que l'aspect sensiblerie me semblait... hors du propos présent exprimé par l'ombre.



S'ils ne veulent pas affronter la réalité, et ne pas dire clairement le fond de leur pensée, qui avant d'être "merde" et "vous me faites chier" est "je me sens blessé", bref, s'ils se font violence avant même d'avouer clairement qu'ils se sentent violentés, bah c'est leur problème !!

Effectivement. Cela dit quand je suis dans cet état je ne me rends pas vraiment compte que je suis blessé,… c'est comme si c'était mis à l’écart. C'est un peu plus complexe que ce qui est dit, donc…

Tout est plus complexe. Mais mon esprit l'a engrangé dans la mémoire comme cela.
Ne pas se rendre compte ne signifie pas qu'il n'y a pas blessure, bien au contraire.
Tout ce que mon ombre étale ici ne sont ... que des parties de moi qui pour la plupart sont, comme tu le dis si bien, "mises à l'écart".
Et ce... sans sommation.
Et pourtant, elles sont en moi.
Et les laisser en moi, c'est les laisser ... ressurgir. Un jour. Jour que je sentais de plus en plus proche.
Il est temps pour moi d'apprivoiser mon ombre et pas de l'enfermer au dedans de moi. Ce qui ne veut pas dire lui obéir. Loin de là.



Que la folie que tu vois dans les conceptions que tu juges étriquées chez les autres... ce sont les conceptions de ton moi profond et ta propre folie.
Pas compris.

Amusant. C'est pourtant le coeur même de tout le dialogue, je crois.
Ce que l'on juge négativement chez les autres, c'est très souvent... ce que l'on a violemment refusé pour soi.
Au point d'avaler la pilule de travers, je dirais. Et de se montrer irrationnellement violent envers lesdites qualités/capacités/idées/idéologies.
En bref, ce que je reproche aux autres de "mal voir", de "mal juger"... c'est en fait ce que j'ai ... tranché, par mon éducation ou mes XP, en le rangeant dans le "non, très peu pour moi, c'est inacceptable".
Cependant je ne donnerai pas d'exemple concret ici.
Je juge l'endroit... inadapté, je crois.



Que l'amitié et le sexe soient conçues d'intersection vide dans ta conscience s'opposent à celle des autres conscience, mais cela te cache que moi, ton ombre, ne m'opposerais pas à une telle conception

Pas compris, éventuellement à causes de fautes d'accords ?…

peut-être. ça me parait clair, à cause des termes mathématiques...^^'
Comment dire...
Proposition 1 : amitié + sexe = incompatible.
(en langage booléen : amitié && sexe == 0 tout le temps)
Ma conscience estime que par la définition que j'accorde à l'amitié, la proposition 1 est juste.
D'autres consciences, dixit mon Ombre, estimeront en revanche que le proposition 1 est fausse ou incomplète.

Tout ça constitue le moi conscient.
Mon Ombre dit simplement qu'elle n'est pas d'accord avec le moi conscient.
Pour autant, elle le dit à la suite, si elle n'est pas d'accord, elle n'est pas pour autant corruptible. C'est à dire que c'est moi qui ai les commandes.
Et que si par malheur elle venait à les avoir, toutes les personnes qui seraient de son avis sur cette proposition 1 ne seraient pas pour autant de son avis en ce qui concerne la mort, ou la honte, ou des trucs dégradants (sens propre ou figuré) du genre.
Mon ombre n'est pas "juste" mon opposée, mais elle contient entre autre ce à quoi ma conscience s'oppose.



La mort et une violence que leur curiosité pourrait leur faire regretter. Car je suis violence, et je suis mort.

… Eh bien. Serait-il possible de développer ?

En fait, je vois pas ce qu'il y a à développer. Des pulsions meurtrières refoulées ?
Mais refoulées au sens... où il me parait inhumain qu'elle sortent un jour. C'est pas du refoulement par honte. Juste du refoulement pour mon intégrité mentale.


Et pourtant, la menace bourdonne encore à mes oreilles.

Quelle menace exactement ?

Tout ?

_____________________
"On ne voit bien qu'avec le cœur: l'essentiel est invisible pour les yeux." le renard, A de St Exupéry.
"Qu'est-ce que signifie «apprivoiser»? dit le Petit prince.
-C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ca signifie «créer des liens...»"
http://www3.sympatico.ca/gaston.ringuelet/lepetitprince/chapitre21.html
"eux veulent me forcer à parler pour ne rien dire, alors je ne dis rien pour parler."
"Il ne faut pas mettre les gens dans des petites cases ; c'est un signe de confusion mentale, mon chou !" les Chants de la Mallorée
"Point de monde sans hasard... point de hasard sans monde... la boucle est bouclée" Alexandra.
"et si notre monde avait 3 coordonnées temporelles pour une spatiale ?"
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Re: Sombre Dialogue.

Message  Klev le 07.01.14 21:02

Yoendel a écrit:
 Que la folie que tu vois dans les conceptions que tu juges étriquées chez les autres... ce sont les conceptions de ton moi profond et ta propre folie.
Pas compris.

Amusant. C'est pourtant le coeur même de tout le dialogue, je crois.
Ce que l'on juge négativement chez les autres, c'est très souvent... ce que l'on a violemment refusé pour soi.
Au point d'avaler la pilule de travers, je dirais. Et de se montrer irrationnellement violent envers lesdites qualités/capacités/idées/idéologies.
En bref, ce que je reproche aux autres de "mal voir", de "mal juger"... c'est en fait ce que j'ai ... tranché, par mon éducation ou mes XP, en le rangeant dans le "non, très peu pour moi, c'est inacceptable".
Cependant je ne donnerai pas d'exemple concret ici.
Je juge l'endroit... inadapté, je crois.
Oh. *pensif*

Mh. Inadapté ? Ok.

Yoendel a écrit:Et les laisser en moi, c'est les laisser ... ressurgir. Un jour. Jour que je sentais de plus en plus proche.
Il est temps pour moi d'apprivoiser mon ombre et pas de l'enfermer au dedans de moi. Ce qui ne veut pas dire lui obéir. Loin de là.
Et comme je l'ai dit tu as mon soutien total pour ça.


En fait, je vois pas ce qu'il y a à développer. Des pulsions meurtrières refoulées ?
Mais refoulées au sens... où il me parait inhumain qu'elle sortent un jour. C'est pas du refoulement par honte. Juste du refoulement pour mon intégrité mentale.
Mh… Ainsi donc quand je parlais d'un sujet très proche à Lyon, tu fuyais la conversation ?… *pensif*

Tout ?
Mais encore ? *regard amusé*

_____________________
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Re: Sombre Dialogue.

Message  Yoendel le 07.01.14 21:10

Klev a écrit:
En fait, je vois pas ce qu'il y a à développer. Des pulsions meurtrières refoulées ?
Mais refoulées au sens... où il me parait inhumain qu'elle sortent un jour. C'est pas du refoulement par honte. Juste du refoulement pour mon intégrité mentale.


Mh… Ainsi donc quand je parlais d'un sujet très proche à Lyon, tu fuyais la conversation ?… *pensif*

Quel sujet ? *songeur*


Klev a écrit:
Tout ?
Mais encore ? *regard amusé*

Mais encore...

Je suis le Toi ignoré de tous, mais garde à tous et surtout à Toi tant de m'ignorer que de me méjuger.

_____________________
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-C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ca signifie «créer des liens...»"
http://www3.sympatico.ca/gaston.ringuelet/lepetitprince/chapitre21.html
"eux veulent me forcer à parler pour ne rien dire, alors je ne dis rien pour parler."
"Il ne faut pas mettre les gens dans des petites cases ; c'est un signe de confusion mentale, mon chou !" les Chants de la Mallorée
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Re: Sombre Dialogue.

Message  Klev le 08.01.14 0:31

Yoendel a écrit:
Klev a écrit:
 En fait, je vois pas ce qu'il y a à développer. Des pulsions meurtrières refoulées ?
   Mais refoulées au sens... où il me parait inhumain qu'elle sortent un jour. C'est pas du refoulement par honte. Juste du refoulement pour mon intégrité mentale.
Mh… Ainsi donc quand je parlais d'un sujet très proche à Lyon, tu fuyais la conversation ?… *pensif*
Quel sujet ? *songeur*

Quand je parlais des quelques rares fois de ma vie où j'ai eu des envies meurtrières… dans la cuisine du Crous…

Yoendel a écrit:
Klev a écrit:
Tout ?
Mais encore ? *regard amusé*
Mais encore...
Je suis le Toi ignoré de tous, mais garde à tous et surtout à Toi tant de m'ignorer que de me méjuger.

En fait, je n'arrive pas à voir en quoi c'est une menace. ^^

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