Création d'un esprit

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Création d'un esprit

Message  kuroicb le 30.08.11 21:17

Attention c'est un peux long bonne chance


A- Une expérience vraiment impressionnante

Au début de l'année 1974, parut à Toronto, Canada, un film documentaire intitulé ''Philippe, le fantôme imaginaire'', dont l'objectif était de raconter l'histoire de la création de Philippe. Ce dernier obtint même les honneurs de la télévision de Toronto, dans un programme comportant une discussion. La table de l'expérience avait été amené sur le plancher du studio, avec le groupe des expérimentateurs et l'auditoire, tandis que le groupe de discussion était assis sur une estrade.

Les origines de l'expérience

Le docteur George Owen s'intéresse au phénomène du ''poltergeist'' (esprit frappeur) lorsqu'on lui demanda de faire une analyse de la littérature disponible sur le sujet. Il se trouva personnellement impliqué dans l'étude d'un cas centré autour d'une jeune Ecossaise, Virginia Campbell. Il devint si convaincu de la validité de la nature paranormale du phénomène qu'il finit par publier en 1972 ce qui est devenu un ouvrage de référence sur le ''poltergeist''. Ce livre porte le titre : ''Pouvons-nous expliquer le Poltergesit ?'' A l'automne de la même année, sept amis d'Owen et sa femme, Iris, décidèrent de tenter de ''créer'' leur propre fantôme.


Owen et son équipe se mettent à l'oeuvre

Afin d'être sûrs de ne pas invoquer un esprit existant, le groupe de Toronto entreprit de décrire soigneusement leur fantôme. Assis en cercle, chacun donna une description de son fantôme, jusqu'à ce que ce groupe ait créé un personnage de pure fiction.
L'un des participants décida que le fantôme serait du sexe masculin et qu'il s'appellerait Philippe. Un autre décréta que Philippe serait un aristocrate anglais ayant vécu au XVIIe siècle, du temps d'Olivier Cromwell. Un troisième imagina qu'il avait épousé une femme froide et indifférent appelée Dorothée ; et ainsi de suite, de façon à définir non seulement l'apparence physique de Philippe, mais encore ses goûts, ses préférences gastronomiques, et même les détails d'une aventure extra-conjugale avec une gitane aux cheveux de jais appelée Margot. A titre de précaution supplémentaire, le groupe incorpora dans l'histoire de Philippe certains détails complètement fictifs et en contradiction flagrante avec la réalité historique.
Le groupe imagina que les frères de race de la Margot ayant quitté la région, Philippe installa son amante dans une chaumière sur ses terres. Et ce fut quelque temps de bonheur sans mélange, jusqu'au jour où Dorothée découvrît leur liaison. Elle n'eut alors rien de plus pressé que de dénoncer la maîtresse de son mari comme sorcière. Philippe, ayant eu peu de trop se compromettre, ne fit que peu d'effort pour sauver Margot. Et la jolie gitane monta sur le bûcher. Rempli de remords, Philippe courut aux combats comme un forcené cherchant la mort, et il l'a trouvée.
L'équipe d'Owen fit des recherches poussées sur ce qu'aurait pu être cette aventure, en lisant et dépouillant de nombreux livres d'histoire sur cette période. Un des membres poussa même la recherche de la véracité jusqu'à aller visiter l'Angleterre et à prendre des photos de Diddington et des autres lieux impliqués dans cette sombre et tragique histoire. Tant et si bien que Philippe et les autres protagonistes devinrent très nets et précis dans l'esprit des expérimentateurs. L'un d'eux fit même une esquisse du personnage imaginaire. De multiples entrevues, de longues conversations achevèrent de clarifier le sujet, ainsi que de contribuer à la bonne entente et à l'homogénéité du groupe.


Du découragement à la réussite

Les expérimentateurs se réunissent une fois par semaine au cours de séances destinées à ''contacter'' l'esprit qu'ils ont inventé. Les réunions se succédèrent pendant un an. Assis autour d'une table, les mains posées à plat, sans aucun résultat. Le groupe était si découragé qu'il était sur le point d'abandonner.
Ce fut alors qu'Iris Owen lut un article publié dans le ''Journal of the Society for Psychical Research'', décrivant une série d'expériences similaires entreprises en Angleterre par des parapsychologues tels que K. J. Batcheldor, D. W. Hunt et C. Brokes-Smith. Ces chercheurs britanniques espéraient en particulier produire des phénomènes physiques spécifiques, notamment des coups frappés par une table. A cet effet, ils s'étaient eux aussi rencontrés régulièrement. Mais au lieu de donner à leurs séances un caractère solennel, ils avaient adopté une méthode différente. Ils avaient découvert qu'à l'époque victorienne, les cercles psychiques qui obtenaient les meilleurs résultats n'étaient pas ceux dont les cérémonies étaient lugubres et éclairées aux chandelles, mais ceux dont les réunions étaient gaies, où les particuliers se parlaient, plaisantaient et s'amusaient comme s'ils n'attendaient rien de précis. L'équipe de Batcheldor constatait qu'elle obtenait des résultats inhabituels des l'instant où elle adoptait, elle aussi, une attitude plus conviviale.
Encouragé, le groupe Owen ne resta plus solennellement attablé dans une méditation silencieuse mais se mit à plaisanter, à rire, parfois même à chanter. Après quelques séances avec cette nouvelle formule, à leur grand étonnement, ''Philippe'' se manifesta soudain par des grands coups frappés sur la table. Un code fut établi avec un coup par ''oui'' et deux pour ''non'', et très vite, ébahis, ils tinrent des conversations régulières avec leur fantôme sur mesure.


Les traits de personnalité d'un fantôme inventé

Fidèle à son personnage, Philippe répondait aux questions de façon cohérente avec l'histoire créée pour lui. Il convint que sa femme était plutôt désagréable et alla jusqu'à émettre des grincements au lieu de frapper des coups lorsqu'on mentionna dès lors le nom de Dorothée. Il incorpora également les erreurs historiques de sa biographie fictive dans ses réponses.
Les expérimentateurs se sont rendu compte que Philippe transcendait son rôle et ajoutait des détails de son cru. Il fut un jour interrogé au sujet de sa maîtresse, la gitane Margot ; il affirma au contraire à l'avis du groupe, qu'il ne l'avait jamais véritablement aimée. Il se permit de broder sur l'histoire de sa vie et informa l'équipe d'Owen que ses parents étaient morts de la petite vérole. Il évoqua sa passion pour la chasse, affirma qu'il avait des faucons pèlerins, qu'il tirait le cerf au mousquet et préférait les rabatteurs humains aux chiens lorsqu'il chassait la plume. Il décrivit en détail son rôle d'espion au service de Charles 1er dans sa lutte contre les armées de Cromwell.
Affirmant sa personnalité, Philippe se montrait capricieux. Il développait des affinités avec certains membres du groupe, répondant de meilleur gré à leurs questions. Il appréciait les plaisanteries et faisait vibrer la table lorsqu'il s'amusait. Il aimait aussi certaines chansons et il se mettait en colère lorsque le groupe essayait d'en chanter d'autres. Il était aussi impatient qu'un enfant et ne supportait pas qu'on l'ignore.
Si les participants étaient absorbés dans une conversation et le négligeaient trop longtemps, il se mettait à frapper régulièrement jusqu'à ce qu'il ait capté de nouveau leur attention. Mais il n'aimait pas rester trop longtemps sur la sellette et détestait par-dessus tout les menaces. Un jour où Philippe se montrait très peu coopératif, l'un des membres du groupe lui annonça qu'ils pouvaient le renvoyer et le remplacer par un autre. Philippe se fâcha, disparut, et il fallut plusieurs heures de cajoleries pour le persuader de revenir.


Les manifestations paranormales de Philippe

Avec Philippe, les coups ou rapts vinrent d'abord de la table mais, par la suite, des murs également. Le groupe Owen enregistrait souvent ses séances et les coups frappés par Philippe furent analysés par un ingénieur en acoustique, Alan Gauld. Ce dernier découvrit que, non seulement le volume et le son des coups frappés étaient très différents de percussions ordinaires, mais que, en dépit de leur volume, ils étaient incroyablement brefs, n'excédant pas 0,16 seconde, soit environ le tiers du temps du bruit que peuvent faire les humains en frappant sur une table avec leurs jointures ou avec leurs pieds.
La nature espiègle de Philippe et ses coups frappés n'étaient pas ses seules manifestations paranormales. Au fil des jours, il devint plus fort et se mit à déplacer la table à travers la pièce, la faisant danser sur un pied, voire grimper aux murs. Les membres du groupe gardaient les mains posées à plat sur la table pendant ses phénomènes, mais Philippe prouva qu'il était capable de déplacer des objets même si on ne les touchait pas. Des verres de limonade ou des cendriers laissés par inadvertance sur la table basculant brusquement, glissaient jusqu'au bord et tombaient. Cependant, les petits cadeaux offerts à Philippe restaient mystérieusement en place, même lorsqu'il renversait à demi la table. Un des membres du groupe rapporta même qu'après une séance, il était rentré chez lui où il avait trouvé les tables et les chaises déplacés. Philippe alla jusqu'à permettre à ses activités d'être filmées.
A ce tournant, surgit une pluie de questions : Philippe était-il une entité venue d'un autre monde ? Comment dès lors expliquer qu'il fût le produit d'un travail d'imagination collectif sans rapport avec un personnage historique ? Quelle interprétation donner au fait qu'il se comporta comme une entité autonome ? Comment rendre compte, scientifiquement de ses caprices, de ses réactions, de ses sentiments ou de ses traits de caractères

Source: Le Nouvelliste
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Re: Création d'un esprit

Message  Bacrima le 01.09.11 19:12

Vraiment passionnant.
Si je devait émettre un avis, ce qui n'est pas le cas mais je vais quand même le faire, Philippe est une création du groupe mais il doit être une manifestation subconsciente du groupe, je m'explique: les détailles que Philippe à donné et que le groupe n'avais pas imaginé sont sûrement des idées qui leurs avaient traversé l'esprit durant les séances.
Je pense que les coups et les déplacements des objets étaient le fruit des pouvoirs inconscients (et minimes lorsqu'ils sont séparés) des membres du groupe.
Philippe est en sorte, d'après moi, un catalyseur ...

En tout cas, bravo pour ton post :cheers: .
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Re: Création d'un esprit

Message  Yoendel le 05.09.11 21:31

super intéressant comme phénomène... :bounce:
ça vaut le coup d'être lu !!
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